MZ – La Dictature / On Écoute


La MZ a sorti le 22 avril dernier son 2e album, La Dictature, qu’on attendait depuis que plusieurs des singles avaient émoustillé nos oreilles. Cela dit, nos babines salivaient déjà abondamment après l’écoute de MZ Music Vol. 3.5 et ses tubes en puissance et la sortie du premier album Affaire de Famille n’avait pas suffit à nous rassasier.

Un an après nous voici donc face aux mêmes rappeurs avec nos mêmes attentes, et on peut reconnaître qu’on est plus heureux pour le trio de Paris sud à la fin de La Dictature qu’on l’avait été après l’écoute de leur premier album : une première victoire. Les productions sont toujours bien soignées et la musique dans l’air du temps, à l’image des dégaines et des flows de nos rappeurs. Jok’Air, Hache-P et Dehmo laissent beaucoup de place à la fête et ce qui en découle : les filles et la drogue. Une large part de leurs textes est aussi dédiée à l’argent et notamment à l’envie d’en obtenir (beaucoup). Jusque là donc, rien de révolutionnaire mais du travail bien fait, et des clips qui nous font penser que la MZ préfère le cul d’Emily Ratajkowsky à celui de Kim Kardashian, autant dire qu’on ne peut qu’être de leur côté.

La touche personnelle dans leur discours commun est loin d’être inédite dans le rap, mais parmi les rappeurs de leur génération ils sont peut-être les seuls à parler de leur négritude (« Les Enfants prennent peur du noir / Cette peur s’amplifie avec l’âge » – Noir C’est Noir). On ne va pas vous faire croire que leurs vers font passer les poèmes d’Aimé Césaire pour des comptines pour enfant mais à l’heure où le rap à la mode n’utilise pas ou très peu de thème, avoir un avis est toujours bienvenu et parler de problèmes de noirs ça nous plaît à nous, les Galak.

En effet, on en découvre plus encore en interview lorsqu’ils nous apprennent que pour eux le seul exemple de réussite d’un noir français est Booba, le point Godwin du rap français. Esprit de contradiction oblige, on a cherché mais après la disparition de Harry Roselmack, les casseroles du bounty Harlem Désir, et la démission de Christiane Taubira, le rappeur du 92i semble être le seul nom sur la liste des réussites qui perdurent dans le temps et qui bâtissent des empires.

Quoiqu’il en soit on vous recommande chaudement La Dictature qui même s’il ne fait pas long feu dans vos oreilles vous fera passer un agréable moment, grâce aux bangers comme Pause ou Akwaba, ou grâce aux chansons plus posées à l’instar de Problèmes ou Il Te Fallait, qui ne manquent jamais de nous rappeler le plaisir que prennent les trois larrons au micro. Et puis le titre de la deuxième piste justifie à lui-même l’écoute de l’album : LIDL.