Sébastien Tellier / On Apprécie


Les artistes c’est comme les footballeurs, on les adore quand ils sont bons dans ce qu’ils font, mais on les aime encore plus profondément quand ils font des frasques, à l’instar de Gascoigne, Gainsbourg ou Ibrahimovic. C’est pourquoi Sébastien Tellier tient une place bien particulière dans nos petits coeurs de mélomanes. Toujours impeccable dans ses costumes clairs, cheveux long et lunettes de soleil, ce dandy moderne tient un discours pas banal. S’il peut être pris pour un illuminé, certaines de ses déclarations dénotent d’une intelligence indéniable, ce qui peut être rageant car toute personne qui a adoré Tellier a forcément été déçu par lui à une période ou à une autre, comme chaque ratpi a été déçu à un instant T par Booba.
Cela étant dit, un homme qui compose d’aussi bonnes chansons, qui peut apparaître en chaise roulante dans un film de Mr. Oizo, représenter la France à l’Eurovision, arriver sur scène en voiture de golf et s’y bourrer la gueule gratos avant de se faire interviewer par la télé, chanter les choeurs de Nightcall (la musique de Drive), qui enregistre les gémissements de sa meuf pour les mettre dans ses chansons et qui propose une solution pour calmer la haine dans le monde, c’est quand même pas dégueu. Voici donc une sélection subjective de ce qu’a pu nous proposer Sébastien Tellier, et une petite playlist de fin pour ceux à qui les 6-7 titres ne suffiraient pas. Ah oui et sa solution pour calmer la haine : se réunir et ensemble détruire les boutiques C&A.


 

Roche (Sexuality, 2012)

3e album de Sébastien Tellier, Sexuality marquera le plus gros impact qu’a eu son auteur sur la pop en France et sa meilleure percée à l’étranger. 11 titres dont au moins 8 géniaux et sexués. Néanmoins tout le mérite ne revient pas à notre barbu : il était épaulé (comprendre : produit) par Guy Manuel Homem de Christo, aka un Daft Punk : le petit au casque d’or.
Dès la première bouchée, l’album sent bon le soleil, le vent chaud, les filles qui changent de couleur de peau et les amours d’été.


 

Russian Attractions (My God Is Blue, 2012)

En 2012, quelques mois avant la fin du monde, après s’être attaqué à la famille, à la politique et au sexe, Seb’ s’attaque à la religion en prenant la place d’un gourou : celui de l’Alliance Bleue, et voue un culte à un Pépito de la même couleur que le jour de naissance de Daniel Tammet. De cette période on retiendra surtout son bling-bling en énorme biscuit et une partie fine plus esthétique que celles de Pascal OP.
Mention spéciale à son petit flow Véronique Sanson quand il dit « souviens-toi c’est l’amour véritable« .


 

Adieu (Confection, 2013)

Confection est pratiquement un album instrumental, mais s’ouvre avec Adieu, une chanson puissante portée par la voix d’une chanteuse lyrique. Le nom du titre prend tout son sens lorsque l’on apprend que Tellier l’a écrit suite au décès de sa Grand’mère, et aussi bel hommage qu’il puisse être le morceau animera le défilé Chanel printemps/été 2014.


 

Oh Malheur Chez O’Malley (L’Incroyable Vérité, 2001)

Pour son premier album, le plessis-buccardésien s’engage avec Record Makers, le label du groupe Air – parmi d’autres – pour une histoire qui dure : ils travaillent toujours ensemble. Sebastien nous livre un album dont le thème est la famille, sur lequel plane une ambiance parfois inquiétante, et dont Sophia Coppola tirera le titre Fantino pour son film Lost In Translation avec Bill Murray.


 

Ma Calypso (L’Aventura, 2014)

À mi-chemin entre Hotline Bling et la scène de danse de RocknRolla, Tellier veut se rappeler son enfance dans son album L’Aventura, et prend pour terrain de jeu le Brésil.


 

Broadway (Politics, 2004)

Présent dans le second album de notre chanteur, Broadway est un des noms de morceaux les moins extravagants, puisqu’on trouve dans Politics des titres aussi étonnants que La Tuerie, League Chicanos ou Ketchup vs Genocide. Selon les chansons, on peut entendre de l’allemand, de l’espagnol et de l’anglais. C’est aussi dans Politics qu’apparaît La Ritournelle, le titre le plus emblématique de Sebastien Tellier.


L’Amour Et La Violence (Sexuality, 2008)

Pour Sexuality, l’entourage de Tellier le poussait à trouver une sorte de suite à La Ritournelle. Il joua donc à Guy-Man’ les prémices de L’Amour Et La Violence, qui sera la touche finale de l’album. Peu de texte mais une idée centrale qui d’après le compositeur est au coeur de la pensée d’un artiste : « Dis moi ce que tu penses de ma vie, de mon adolescence« .