PNL / On Apprécie


Il y a un an sortait la première galette de PNL, Que La Famille. Sans coup d’éclat, la musique des deux frères des Tarterêts s’est infiltrée dans le rap français jusqu’à les placer sur le devant des projecteurs.

Pourquoi eux ? Parce qu’ils ont débarqués en imposant leur façon de faire et leur univers. Pas un univers comme dans « il a un univers propre » sortant de la bouche d’un juré de La Nouvelle Star. L’univers des Essonniens est réel et complexe. Ce sont d’abord des personnages récurrents, qu’on pourrait diviser en deux groupes : ceux qui sont de leur côté et ceux qui ne le sont pas. Dans le premier groupe on trouve les deux rappeurs bien sûr, mais aussi le petit frère, le père « je dois faire le million pour Papa », leur mère décédée « pas besoin des bras d’une femme, j’connais pas ceux de ma mère » et la famille, au sens large du terme : en comptant les vrais potes « que des frères Igo pas d’amis ».

« Je pose ma mif avant qu’on me pose ma tombe »

L’autre groupe, ce sont les clients (dont Hervé, qui revient dans plusieurs chansons « j’me rappelle pas de mon ex, je me rappelle de mon ien-cli Hervé ») et les femmes, vues plutôt comme des distractions puisque « les sentiments ca ralentit, le cœur fermé là je suis à fond ». Dernier personnage central dans leur rap : la misère, personnifiée dans plusieurs morceaux : « j’emmène la misère en balade » ou « j’kiffe voir la misère s’élever », comme si celle-ci les suivait partout, ou comme s’ils la portaient en eux.

Ensuite viennent les lieux et il n’y en a pas mille : la cité, et donc le taff tous les jours et « de 10h à 4h du matin », ou les vacances, souvent l’Espagne. En parlant de leur travail, quand on naît algero-corse il faut d’une part toute une étagère pour les drapeaux, mais surtout on ne naît pas enfant de chœur. « Tu connais nos vies gros c’est sale c’est grâce au halam[=illicite] qu’on a mis des zéros sur nos salaires ». Donc pour vivre, ils bibi [=bicrave=vendre] de la drogue.

Des dealers dans le rap, qu’ils le soient vraiment ou non, se comptent par douzaines. Mais il n’y avait que deux approches : ceux qui ont pu en vendre mais qui disent que c’est mal et qu’il ne faut pas le faire, puis sont arrivés ceux qui ont fait comprendre qu’ils emmerdent le monde et qu’ils font ce qu’ils veulent. PNL disent savoir qu’ils ne doivent pas le faire, et disent vendre, mais ils font un autre constat : « j’ferme les yeux je vois la merde, j’ouvre les yeux je vois la merde ».
Le seul but, l’argent : « couvert d’oseille Igo[=mec] je suis sous calmant », même s’ils ont compris que l’argent en cash ne les libèrera pas.

Puis viennent les références. Ainsi on trouve au détour de plusieurs chansons les personnages de Dragon Ball mais aussi de Disney : « J’te donne RDV sur le terrain à Cheeta », « J’suis frileux comme Sanka », pour ne citer qu’eux. Bien sûr on a aussi droit à un florilège de marques de vêtements, mais complètement dans la mode caillera en 2016, des derniers maillots du PSG ou du Barça aux T-Shirts manches longues et ceintures Gucci, lunettes Louis Vuitton, jean’s clair bien déchiré ou jogging. Du survet’ au perfecto.

C’est cet univers, marqué dans leur rap aérien, qui a fait la particularité de PNL. Quelques mois après QLF sortait l’album Le Monde Chico, apportant avec lui les dizaines de millions de vues sur Youtube, les reconnaissances de pléthore de rappeurs français et les articles de journaux grand public, en France et à l’étranger.

La semaine prochaine sort le nouveau morceau de PNL, certainement accompagné d’une date de sortie de leur prochain projet. Les carrières se font et se défont à la vitesse de l’éclair et seulement un an après la sortie de QLF, le chemin parcouru est déjà gigantesque. Espérons que la suite sera aussi bonne que jusqu’ici, mais quoiqu’il arrive PNL restera gravé dans nos bibliothèques iTunes.