LES 20 ANS DE L’ANNÉE 1996 PART 1 : MAINSTREAM / On Apprécie


En 1996, alors que nous étions sagement au primaire, Chirac ordonnait les derniers essais nucléaires français tandis que Nintendo sortait sa première console 3D : la légendaire Nintendo 64. Les cartouches bleues et rouges de Pokemon faisaient leur apparition dans les boutiques spécialisées et Motorola présentait le sacré saint Graal de la téléphonie mobile de l’époque : le StarTAC. Côté musique, 1996 a été le berceau de bon nombre de chansons restées dans les annales pour le pire ou le meilleur. Petite rétrospective de ce que l’on a retenu en musique normale.


The FugeesKilling Me Softly
Album : The Score

Originalement composée par Norman Gimbel, écrite par Charles Fox et interprétée par Lori Lieberman, la reprise des Fugees, superbement réussie, offre une seconde vie au morceau.


JamiroquaiVirtual Insanity
Album : Travelling Without Moving

À la fois funky, disco et électronique, Jamiroquai est un passe-partout. Good vibes pour le matin, parfait pour un oinj backé dans une Twingo 2, c’est même assez entraînant pour, à l’instar de Tintin, régaler petits et vieux. Troisième album du groupe, il figurerait même au livre des records comme album funk le plus vendu (plus de 10 millions). Je n’ai pas vérifié dans un Guiness Book mais j’aime à croire que l’anecdote est véridique.
AlrightCosmic Girl


 

Worlds AppartJe Te Donne

Les producteurs du boys band anglais sentent le filon et organisent la reprise d’un des plus gros tubes des années 80 en France, Je Te Donne de Michael Jones et de notre Jean-Jacques national : Goldman. Réussite commerciale certaine, je vous laisse juger quant à la qualité du produit.


No Doubt Don’t Speak
Album : Tragic Kingdom

Avant de rencontrer Pharrell et de jouer la majorette ou de se trémousser devant des pirates, Gwen Stefany était plutôt du genre à trainer avec des skaters. Et 1996 c’était avant que Lil Wayne ne fasse des vidéos où il ride sur sa rampe de jardin. En 1996, les skaters écoutaient du rock, du grunge ou tout autre style de musique qui avait pour dogme de déchirer certains de ses vêtements et de prendre un nombre limité de douche. Cela dit, No Doubt nous a quand même sorti une chanson qui 20 ans après n’est toujours pas démodée.
Trapped in a box


Robert MilesChildren

L’Histoire voudrait que Robert ait composé Children en une nuit, s’inspirant de photographies d’enfants que son père avait pris pendant les conflits en ex-Yougoslavie. Children fut un énorme succès dans plusieurs pays et depuis, disons qu’il a certainement reversé leur part aux enfants qui l’ont inspiré.


CarrapichoTic Tic Tac

Carrapicho nous viennent du pays de Ronaldinho et des transsexuels : do Brasil. Le titre veut par le rythme faire danser les peuples ensemble, et fait les louanges du fleuve Amazone, de la nature et de l’amour. C’est lors du tournage du film Jaguar que Patrick Bruel découvre le groupe. La chanson fut lancée en France et devînt immédiatement une pièce maîtresse de tout DJ set de club vacances.


Noir DésirUn Jour En France
Album : 666.667 Club

Un clip assez inattendu puisque réalisé à la fois en dessin animé et en vidéos, où se mêlent images de touristes en promène-couillon à Paris et enfants asiatiques jouant avec des POGs à l’effigie de Noir Désir. Dans « Un Jour En France », Bertrand Cantat chante son dégoût de la foire au pognon, du « quand c’était mieux avant », du FN et de pas mal de trucs qui en 1996 ne tournaient pas rond pour lui. En criant « Charlie défends moi », le rockeur à la main lourde nous rappelle même l’importance de Charlie Hebdo à une certaine époque, le journal ayant lancé une pétition pour interdire le FN signée par plus de 170 000 personnes – ce qui représentait quelque chose dans l’ère pré-internet.
L’Homme Pressé


The Spice GirlsWannabe

Ôde aux femmes libérées, le girl band se place sur un pied d’estale et donne la version féminine de notre bros before hoes : « if you wannabe my lover, you gotta get with my friends / Make it last forever, friendship never end ». Les Spice Girls livrent durant les deux premiers couplets la liste des choses à respecter si l’on voulait avoir la chance de fréquenter l’une de ces filles épicées. Elles jouent les hard-to-catch et pendant que les hommes débattent de leur préférée, les femmes s’y reconnaissent et chantent Wannabe à tue-tête depuis nos premières boums.
Le troisième couplet, dans la forme, ressemble à une tentative de rap qui plairait à une maîtresse d’école. C’est le fond qui fait toute la différence et l’on se demande si les Spice Girls jouent totalement le premier degré ou si en réalité elle ne se joueraient pas de nous, en « rappant » des lyrics plutôt troublants : « We got Em’ in the place who like it in your face » ou « Easy V doesn’t come for free, she’s a real lady ».
Les britanniques réalisent un véritable tour de force en réunissant pop et salopes pour en faire un hymne girl-power ouvert à tous, et marquer l’histoire de leur succès.


Doc GynecoNirvana
Album : Première Consultation

En 1996, le grand public découvre Doc Gyneco, un jeune homme de 21 ans qui a enregistré son premier album à Los Angeles et qui s’apprête à envahir les radios et les télévisions. Très musical pour un album de rap (surtout français à l’époque), la façon dont il aborde ses morceaux est clairement influencée par la chanson française, ce qu’il revendique. Nirvana est une chanson sur le succès, qui a ôté tout goût de la vie au Doc et lui donne des envies de suicide. Un thème pas banal pour un titre qui tournera en boucle à la radio et sur les chaînes musicales.
Vanessa – Passement de Jambes


Cheb KhaledAïcha
Album : Sahra

Connaissez-vous le point commun entre Young Thug et Cheb Khaled ? Le blaze. En 1985, Khaled alors âgé de 25 ans remporte le premier prix du Festival d’Oran et écope du surnom de « Cheb » : jeune homme. Cheb Khaled est né et s’apprête à faire exploser le Raï à l’international. C’est Jean-Jacques Goldman qui a composé la mélodie d’Aïcha et écrit la partie française du texte, et Khaled qui signe le troisième couplet en sa langue maternelle. Une histoire d’amour franchement classique, mais qui a le mérite de mettre d’accord juifs séfarades et musulmans dans les karaoke de France.
Walou Walou


Générique de Mission Impossible (remake)

Avant d’être adapté au cinéma, Mission Impossible est une série tournée de 1966 à 1973. En 1996, Brian de Palma sort le premier volet de la saga pour lequel il demande à Tom Cruise d’esquiver des lasers et à deux membres de U2 de reprendre la chanson originale, composée par Lalo Shifrin. Saluée, cette version sera éditée en vinyle et accompagnée de plusieurs remix. Au-delà d’être une très bonne BO, elle nous rappelle que U2 a su à un moment être autre chose qu’ennuyeux.


GalaFreed From Desire

Personne ne peut en dire le contraire, Freed From Desire est un hymne emblématique de la fin des années 90 et du début 2000, que le grand public a accueilli à bras ouverts.
Alors âgée de 20 ans, Gala nous parle de son homme qui n’a ni argent, ni pouvoir, ni renommée, ni argent – deux fois, comme quoi il avait vraiment pas un rond. Son homme lui plaît car il a ses croyances (his strong beliefs) : il a seulement besoin de liberté et d’amour (freedom and love). Piquant la société de consommation « People just want more and more », l’italienne nous délivre son crédo : « Freed from desire / Mind and senses purified » – un état que certains trouvent par la médiation – avant de nous délivrer avec son irrésistible refrain. Un classique entraînant et fédérateur.
Son pseudonyme, elle l’emprunte à la muse/femme de Paul Eluard puis de Salvador Dali : Gala. Aujourd’hui on a peu de nouvelles, même si sa page Wikipedia nous prouve qu’elle est toujours en activité.


Nas feat. NTMAffirmative Action (Saint Denis Style Remix)

Le retour de Nas, deux ans après son classique premier album « Illmatic ». On aura l’occasion d’en reparler plus tard, mais ce deuxième album a été le terreau d’un des meilleurs featurings de rappeurs français et américains. Avant Supreme NTM mais après Paris Sous Les Bombes, NTM collabore avec l’une des pointures du rap américain avant d’être condamné à trois mois de prison ferme en première instance pour « propos outrageants » envers les forces de l’ordre lors d’un concert. Malgré un bon morceau, Joeystarr raconte que la rencontre à New York lors du tournage du clip ne s’est pas super bien passée, Nas ou Az (le second rappeur sur le morceau) refusant à Kool Shen de monter dans sa voiture parce qu’il ne voulait pas d’un babtou sur ses sièges. Retrouvailles quelques mois plus tard à Paris où le new yorkais a été plus conciliant avec les NTM et leurs amis.